Accords commerciaux et préférentiels

Accord UE–MERCOSUR : signature historique après 25 ans de négociations

Après vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne et les pays du MERCOSUR ont signé un accord commercial ambitieux. Celui-ci prévoit une suppression massive des droits de douane et ouvre de nouvelles perspectives pour les exportations européennes, tout en suscitant de fortes inquiétudes dans plusieurs filières agricoles européennes.

Après plus de vingt-cinq années de négociations, l’Union européenne et les pays du MERCOSUR ont officiellement signé, le 17 janvier 2026 au Paraguay, un accord commercial d’envergure entre les deux blocs régionaux.

Les États sud-américains concernés sont l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Cet accord marque une étape majeure dans les relations commerciales entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud.

Introduction – contexte et portée de l’accord

Les discussions entre l’Union européenne et le MERCOSUR avaient débuté au début des années 2000, mais avaient été régulièrement suspendues en raison de divergences politiques, environnementales et agricoles. La signature de cet accord traduit une volonté commune de renforcer les échanges économiques dans un contexte de recomposition des équilibres commerciaux mondiaux.

L’accord vise à créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde, couvrant près de 800 millions de consommateurs.

Description de la mesure – suppression progressive des droits de douane

Le cœur de l’accord repose sur une libéralisation massive des échanges :

  • suppression de 91 % des droits de douane frappant les produits européens exportés vers les pays du MERCOSUR ;
  • engagement réciproque de l’Union européenne à éliminer 92 % des droits de douane applicables aux produits originaires du MERCOSUR.

Cette suppression interviendra de manière progressive, selon des calendriers différenciés en fonction des catégories de produits considérés comme sensibles.

Produits et secteurs principalement concernés

Du côté des exportations européennes, l’accord est particulièrement favorable aux secteurs industriels et agroalimentaires à forte valeur ajoutée :

  • véhicules automobiles et pièces détachées ;
  • machines industrielles et équipements ;
  • vins, spiritueux et fromages bénéficiant d’indications géographiques.

En contrepartie, l’accord facilite l’accès au marché européen pour plusieurs produits agricoles sud-américains, notamment :

  • viandes bovines et volailles ;
  • sucre et riz ;
  • miel et soja.

Controverses et inquiétudes au sein de l’Union européenne

Si l’accord est salué par de nombreux acteurs industriels et exportateurs européens, il suscite de fortes contestations au sein de certaines filières agricoles. Les organisations professionnelles redoutent une concurrence accrue de produits importés à des coûts de production plus faibles et soumis à des normes environnementales et sanitaires différentes.

Des inquiétudes persistent également quant aux engagements environnementaux, notamment en matière de déforestation et de protection de l’Amazonie.

Entrée en vigueur et prochaines étapes

La signature de l’accord ne marque pas encore son application effective. Conformément aux règles européennes, le traité devra être ratifié par le Parlement européen avant de pouvoir entrer en vigueur.

Le calendrier de ratification demeure incertain et pourrait être influencé par les débats politiques et les oppositions sectorielles au sein des États membres.

Synthèse et implications pratiques pour les opérateurs

L’accord UE–MERCOSUR ouvre des perspectives commerciales considérables mais soulève également des enjeux majeurs pour les filières sensibles. Les opérateurs économiques doivent dès à présent anticiper les évolutions tarifaires, réglementaires et concurrentielles susceptibles d’affecter leurs flux d’importation et d’exportation dans les prochaines années.